Stéphane Théri

Official

 

Craftsman of words, Writer, Author, Dialogist/Screenwriter

 

Un soir de roi !

 

Texte libre de Stéphane Théri taitant de la fatuité et du paraitre rencontrées la nuit.  

 

Un soir de roi !

 

Qui est ce type ?

C’est un roi, un roi d’un nouveau genre ! Il ressemble à tous ces types qui, toutes les nuits, font la tournée des bars et des restaurants parisiens pour des grandes marques d’alcools. Il appartient à cette race d’individus qui passent leurs nuits à embrasser le cul de tout le monde avec la pseudo satisfaction d’être dans le culte du mec branché. De tournée en tournée, il tutoie et lèche le cul de n’importe quel pilier de bar nocturne dès lors qu’un barman, en mal de confession, lui lâche le pseudo scoop que l’inconnu en question, son meilleur copain d’un soir, est sur le point d’ouvrir un bar ou un restaurant et peut, de fait, devenir et par cette seule information, un client potentiel. C’est comme ça que je le vois. Ses cheveux blonds décolorés, plaqués en arrière par une laque aussi ringarde que la coupe de son costume trop court, laisse son front bien dégagé. A l’orée de celui-ci, suivant assez maladroitement le tracé de son implantation capillaire plus que pauvre, une trace blanche fait contraste avec la couleur jaune mate d’un auto-bronzant appliqué maladroitement. Cet artifice certainement bon marché ou pire encore périmé, laisse sur le reste de son visage le sentiment qu’il a été démoulé trop chaud. Il  est flanc, notre coco et de la tête aux pieds. Hugo peut toujours s’échiner à lui proposer des costumes de haute qualité, il n’a rien d’un Boss et n’est que le laquais de sa direction et de tous les anonymes qui, avides d’ébriété, tournent, comme des mouches à merde, autour de lui et tendent leur verre pour profiter de l’aubaine. Cet abruti mal endimanché est l’heureux serviteur d’une bande ingrate d’assoiffés. A cet instant précis, il trône sur son monde avec comme sceptre, la gratuité du champagne qu'il va leur verser, sans qu’ils aient la moindre thune à lâcher.  Oui, dans cette bulle de cinglés, sa vie semble pétillante.  Le champagne coule à flot. Ils vont tous se mettre un peu plus minables encore et le King, c’est lui. Dans ce royaume de piques assiettes, il règne en maître absolu. Son pouvoir sur ses ouailles égarées n’est qu’éphémère et son emprise sur cet échantillon de peuple dégénéré, sur cette cours de crétins à l’alcoolisme mondain s’arrêtera avec la dernière goutte versée.  Voilà à peu de choses près comment je qualifie ce Bill Gates virtuel de la bulle enchanteresse.  A peine couronné de mille et une bulles,  il ne se trouve qu’à quelques verres seulement de sa destitution. Demain, tous ses admirateurs et admiratrices ne se rappelleront pas même de son prénom. La mémoire de son illustre règne d’un soir disparaitra, elle aussi, aussi rapidement que les torrents de bulles engloutis. Oui, demain matin, un cachet effervescent fera foi de toute sa transparence.   Pardon William ! Notre société fabrique autant de rois d’un soir que de boites de petits pois.

 

Stéphane Théri